Céramique

Céramique

« Find the lady » 2018

(Porcelaine, bois et fourrure.)

« Find the lady » est une pièce unique, elle s’inscrit dans la série « Twin and double ». La sculpture est composée de deux figurines en porcelaine,, d’un bonnet de fourrure et d’un socle en bois. Le socle peut être fixé préférentiellement à une hauteur de 1m 20 environs Dimensions: l 14 cm x d12 cm x h23 cm.

« Find the lady » (Bonneteau en français et Kûmmelblätchen en allemand) est un jeu d’argent et de hasard traditionnellement pratiqué sur la voie publique, il est interdit en France parce qu’il est assimilé à un jeu d’arnaque. Il consiste à retrouver une carte au milieu de trois, ou une pièce cachée sous trois gobelets.

Symbole de l’incommunicabilité des êtres, l’oeuvre représente l’insupportable indivisibilité du lien, la nécessité et la difficulté d’être ensemble, mettant en scène deux êtres à la fois coupés en deux et attachés au moyen d’un socle-pilori.

Dans une acception plus universelle, on peut élargir le sens de l’oeuvre à l’altérité, la confrontation, aux problèmes relationnels.

Le morcellement du corps s’inscrit également dans l’histoire de l’être ou l’histoire d’un couple (celui que nous formons avec notre « sur moi » ou notre « ZAR » ou celui que nous formons avec un autre), on retrouve ici l’idée que le corps est un espace-temps multiple, il est le terrain de vie et de conscience. Il s’agit aussi de cet autre moi , cet autre soi-même …

Le socle comme symbolisation de la relation fusionnelle.

Le socle forme le lien qui lie les figurines ensemble, tel le couple des jumeaux qui entretiennent un lien indéfectible dès leur naissance.

Dans un même temps, il divise les personnages dans leur corps en partageant la figurine, tel un jumeau partagé entre son individualité propre et son identité de double.

Le socle morcelle les corps et les enchaîne l’un à l’autre, donnant à voir un lien indéfectible. Il dispose les figurines hors sol, en apesanteur, signifiant l’insoutenable légèreté de l’être. C’est l’expression d’une contrainte vitale car les figurines sont viscéralement reliées entre elles : Allusion à la nécessaire « rupture de soi » qui permet le partage avec l’autre ?

La fourrure comme rupture de l’harmonie : reflet dans un miroir brisé.

Le bonnet d’ours, hirsute, dressé comme une herse, peut être assimilé au rejet. C’est le gardien de l’être, celui qui nous protège contre l’altérité, nous en défend. C’est l’autre soi sauvage, vindicatif.

Tel un retour aux origines, la fourrure renvoie à notre lien animal, à la sexualité. Elle symbolise le rejet du modèle et de son enfermement, la manifestation de la séparation invisible.